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La Fédération des étudiantes et étudiants du Campus universitaire de Moncton

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Texte de réflexion par Raymond Blanchard, agent de recherche et projets.

Vous vous souviendrez que, l’automne dernier, le ministre de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail (MEFT) Donald Arseneault disait contempler des changements au programme SEED qui venait tout juste d’être remanié par le gouvernement (SEED).

Nous avions formulé quelques mises à garde à l’époque (FÉÉCUM) qui, à notre surprise admettons-le, semblent avoir été prises en considération.

Aujourd’hui ces changements sont chose faite (GNB). Alors, qu’est-ce qui change? D’abord, les emplois seront désormais tirés au sort et non donnés au premier arrivé, ensuite, les emplois pour les étudiants du secondaire et de niveau collégial seront d’un maximum de 8 semaines alors que ceux pour les étudiants universitaires seront de 10 semaines. Le MEFT ajoute qu’il y aura « jusqu’à 2000 placements » financés via SEED, mais ça, c’est le même nombre que l’année dernière alors c’est pas nouveau. Pas mauvais – mais pas nouveau.

Pour avoir une chance d’obtenir des fonds, il faut s’inscrire sur le site du programme (SEED : SEED) entre le 3 février et le 31 mars prochain. Ça rappelle un peu le système des permis de chasse, vraiment.

Question d’évaluer ces changements, jetons d’abord un coup d’œil sur quelles avaient été les critiques entendues à la fin de la dernière période d’emploi estivale.

1.    Les employeurs embauchent le premier venu, et pas forcément sur la base du mérite (parce que l’employeur qui a l’opportunité d’embaucher une personne avec un billet SEED à coût nul, peu importe les qualifications de la personne, serait idiot de refuser). Le problème est-il réglé? Non : même si les emplois SEED seront tirés au hasard – ce qui est une amélioration – rien ne change du côté des employeurs pour qui le choix reste un employé SEED gratuit ou à 50% de réduction versus un employé au plein prix.

2.    Certains demandeurs ont été placés sur une liste d’attente, les forçant à attendre patiemment qu’un billet d’emploi se libère alors qu’elles auraient pu trouver un emploi ailleurs. Le problème est-il réglé? Possiblement : le site du programme nous dit que « Les participants sélectionnés seront avisés de leur acceptation à l’aide d’un billet d'emploi envoyé par courriel assorti d’instructions sur la manière d’entrer en contact avec les employeurs inscrits. » (GNB) Il reste à espérer que ceux et celles qui n’auront pas été pigés en seront aussi informés au même moment.

3.    Certains organismes sans but lucratif qui recevaient autrefois le financement de manière directe pour les emplois SEED, particulièrement en région, ont dit avoir eu de la difficulté à embaucher des étudiants (voire ouvrir leurs portes) sans savoir s'ils recevraient des fonds du programme. Le problème est-il réglé? Possiblement, mais en partie : le MEFT a publié une liste des musées – qui ont été un secteur problématique l’été dernier – qui vont recevoir un financement provincial. Toutefois, ces derniers ne pourront pas embaucher d’étudiants SEED (GNB). Puisqu’il n’est pas clair que cela soit de l’argent neuf, réservons notre jugement.

4.    Des fonds publics sont remis aux entreprises privées de la province, qui ont les moyens d’embaucher des étudiants si le besoin s’en fait sentir, et de générer des profits à partir de l’argent des contribuables. Le problème est-il réglé? Non : cependant, sous la nouvelle formule, les OSBL recevront 100% du salaire de l’étudiant, alors que le secteur privé en recevra 50%, ce qui est un pas dans la bonne direction (GNB). Il faut reconnaître que le dilemme est d’ordre plutôt moral que financier pour les étudiants, dont l’objectif principal sera de trouver un emploi pendant l’été.

5.    Certaines régions ont reçu plus de fonds SEED que d’autres, le sud du N-B ayant reçu 73% des emplois l’an dernier (Radio-Canada). Le problème est-il réglé? Non : le fait est que même si un billet est tiré dans une région, il ne doit pas obligatoirement être encaissé dans cette même région. Le gouvernement n’a pas de contrôle là-dessus, car le choix de l’endroit où l’emploi va se trouver revient entièrement à l’étudiant.e. En revanche, le tirage au sort sera fait par région « afin d’assurer une représentation géographique égale » (GNB).

Alors les modifications au programme SEED, on en fait quoi en bout de ligne? Du point de vue de l’étudiant.e, tout ce qui change c’est que les billets SEED (coupons d’emploi) seront tirés au hasard cette année, ce qui est à mon sens une meilleure manière de faire que sous la formule précédente. Le MEFT précise que « afin d’assurer une représentation géographique égale, un tiers, soit un organisme non gouvernemental, validera le processus de sélection au hasard. » Chose appréciable pour les cyniques de mon espèce.

En fait, dans son ensemble, cette nouvelle mouture du programme passe mieux que l’ancienne. Il est positif de voir que la question de l’avantage donné au secteur privé semble avoir fait partie des discussions, avec l’implantation d’une structure différenciée de financement. Le terrain de jeu semble mieux nivelé que l’an dernier. Il est intéressant aussi de voir que les emplois réservés aux étudiant.e.s universitaires seront de plus longue durée, étant donné la différence marquée au niveau des coûts de la scolarité face au collégial. Le montant record d’emplois créés l’an dernier – 2000 au total – peut encore être atteint cette année. Ça demeure possible qu’il y en ait moins en raison de l’issue du tirage au sort : si une plus forte proportion d’étudiants universitaires (emplois de 10 semaines) que d’étudiants du secondaire ou du collégial (emplois de 8 semaines) est pigée, le même budget doit encore pouvoir suffire à tout le monde et ça réduira le nombre d’emplois subventionnés.

Vraiment, et je dis ceci dans un souci de nous concentrer sur l’intérêt de l’étudiant.e, le seul bémol qui reste concerne la manière dont celles et ceux qui n’auront pas été pigés au sort seront informés du résultat du tirage.

Il y a peut-être aussi des problèmes à entrevoir du côté des échéanciers si le système devait connaître des ratés, car les durées d’emploi maximales sont fixées à 8 ou 10 semaines, et la période d’emploi maximale se termine le 8 septembre, mais les emplois ne peuvent pas commencer avant d’avoir été approuvés par le MEFT. Mais le programme SEED a beau avoir été modifié, il n’est pas nouveau et il doit être assez bien rodé pour que cela ne soit pas un problème.

À part ça, et exception faite des objections morales ou idéologiques que l’on peut entretenir à l’égard d’un programme d’aide financière aux étudiants qui remette des fonds au secteur privé, écoutez, on ne voit pas de problèmes majeurs à l’horizon. Mais on sait comment le gouvernement a le don de nous surprendre…

Entre temps, bonne chasse à l’emploi : la saison est ouverte!

Texte de réflexion - aucune position officielle du C.A. de la FÉÉCUM ne devrait en être nécessairement interprétée.

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