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La Fédération des étudiantes et étudiants du Campus universitaire de Moncton

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Texte de réflexion par Raymond Blanchard, agent de recherche et projets.

L’ABPPUM a fait une sortie médiatique il y a quelques jours pour annoncer le vote de grève qu’elle compte tenir les 14 et 15 mars prochain. Le président de l’ABPPUM Étienne Dako était à l’émission le Réveil de Radio-Canada du 2 mars dernier pour discuter de la question (Radio-Canada).

Le moment semblait bien mal choisi : vous vous souviendrez que le 2 mars dernier, on était au plus fort de la crise des courriels (Radio-Canada). OK bon, l’ABPPUM – tout comme la FÉÉCUM – a pour but premier de faire valoir les intérêts de ses membres. Ça explique que l’on puisse avoir des points de vue différents sur un même enjeu sans que ça n’obscurcisse notre capacité à faire front commun au besoin. On peut penser au besoin d’un ombudsman, par exemple, même si notre interprétation du rôle de cette personne peut varier (Radio-Canada).

Heureusement, on apprend maintenant que malgré tout le branle-bas, l’ABPPUM et l’Université en seraient arrivés à une entente de principe (Radio-Canada). On ne sait rien des détails jusqu’ici, si ce n’est que l’entente concerne la question salariale (Umoncton). Alors, ce qui devait être un vote de grève, le 13 mars, sera désormais un vote de ratification de l’entente. Il ne reste qu’à voir si les membres partageront l’avis du comité de négociation.

Pendant les négociations, l’ABPPUM a revendiqué la parité salariale avec les professeurs des autres universités publiques de la province : c’est un objectif poursuivi dans les négociations depuis une quinzaine d’années déjà, avec des résultats qui, selon l’entente, sont allés dans le bon et le mauvais sens en alternance (Radio-Canada).

L’écart salarial est présentement de 6,6% selon l’ABPPUM. La dernière offre de l’Université était de 3,2%, et incluait un recul sur la reconnaissance de l’expérience professionnelle à l’embauche de nouveaux professeurs (ABPPUM), donc à ce qui doit déterminer le salaire de départ.

Pour l’institution, qui ne semble pas disputer le fait que les salaires des profs soient inférieurs à ceux de leurs collègues d’ailleurs dans la province, les coûts associés au fonds de pension (financé par l’employeur) combleraient l’écart (ABPPUM). C’est la goutte qui a fait déborder le vase, en apparence, et qui aurait motivé la décision d’appeler un vote de grève.

Pour cause, d’ailleurs : l’Université de Moncton et l’ABPPUM ont signé en décembre 2015 une lettre d’entente sur le plan pour l’atteinte de la parité salariale, et sur le calcul de l’écart salarial, qui n’inclut pas les coûts liés au fonds de pension (Annexe S UMoncton). Cela dit, elle ne les exclut pas explicitement.

La formule utilisée pour calculer l’écart salarial (ES) emploie deux mesures : le salaire-carrière (SC) et l’écart salarial pour chacune des quatre années du contrat arrivé à échéance (ES1, ES2, ES3, ES4).

Le SC est déterminé d’après la moyenne du salaire cumulatif après une carrière de 30 ans où les avancements prévus à chaque étape ont été accordés tels que déterminés à l’échelle salariale (Annexe L Umoncton). Ce qui donnait, en 2015 :

UNB :        3 720 528$         MtA :        3 410 718$
STU :        3 529 658$         UMCM :    3 354 638$

L’écart se serait creusé depuis, car UNB a consenti à une augmentation salariale de 9,5% sur quatre ans, et de 2,5% par année pour les deux premières années à l’AUNBT en 2014  (CBC). Le gouvernement était alors intervenu.

Au même moment, l’Université de Moncton accordait une augmentation de 2% à la première année, avec un gel salarial l’année suivante (UMoncton).

Pour revenir à la formule, on détermine l’ES de chaque année en soustrayant la moyenne du SC des trois autres universités publiques de la province du SC à l’UMCM. En 2015, l’ES1 était de près de 200 000$, ou 5,9%; l’ABPPUM l’établit à 6,6% aujourd’hui.

Il y a donc consensus en principe sur le calcul de l’écart, sur le niveau de ce dernier, et sur le besoin d’atteindre la parité. Sur l’échéancier par contre : « Les parties visent l’atteinte de la parité salariale dans un délai raisonnable ». Ce qui n’engage l’Université à rien du tout. Pour l’ABPPUM, qui milite depuis 2000 pour la parité, un délai raisonnable ne peut être rien de moins que maintenant. Pour l’Université, qui collectionne les déficits, ça peut certainement encore attendre.

Et le hic, c’est que la lettre d’entente ne parle que d’établir un plan, pas d’atteindre la parité en 2016-2017. Quand l’ABPPUM revendique une augmentation de 6,6%, il s’agit d’une mesure permettant d’atteindre immédiatement la parité, pas du point de départ d’un plan de parité salariale. Évidemment, encore faudrait-il la maintenir par la suite. L’Université s’est bien gardée de faire des promesses qu’elle savait impossibles à tenir.

Bref, on n’est pas encore sorti du bois.

Et pour ce qui est de déterminer l’impact de l’entente sur la communauté étudiante, nous devrons attendre l’issue du vote de lundi, que nous espérerons positif car cela signifie que l’on évitera une grève des professeurs, tout en espérant qu’on nous en dévoilera les détails rapidement. Une fois que ça sera fait, nous serons mieux en mesure de vous dire comment cette entente, sans que les parties se foutent des étudiants – loin de là – a probablement relégué l’impact sur les étudiants au rang de dommages collatéraux. On se réserve le droit d’être surpris, évidemment, mais sans entretenir de faux espoirs.

Parce que toute augmentation demandera des fonds supplémentaires, à plus forte raison en situation de financement public inadéquat. Pas besoin de vous faire un dessin.

Texte de réflexion - aucune position officielle du C.A. de la FÉÉCUM ne devrait en être nécessairement interprétée.

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