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La Fédération des étudiantes et étudiants du Campus universitaire de Moncton

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Texte de réflexion par Raymond Blanchard, agent de recherche et projets.

L’Université de Moncton a adopté son budget 2017-2018 en fin de semaine dernière. Le Conseil des gouverneurs a voté en faveur d’une hausse de 2% des droits de scolarité, ainsi qu’un déficit de 669 000$ (Radio-Canada).

Le recteur Raymond Théberge a justifié ce déficit en disant que « le financement [gouvernemental] est inadéquat pour supporter le niveau de services à l’Université de Moncton et la seule façon de rencontrer l’équilibre budgétaire est de réduire le niveau de services ».

Il faut sérieusement penser à réexaminer cette approche, suivant laquelle seule une augmentation du financement est en mesure de sauver l’Université de Moncton. Nous sommes bien d’accord que ce financement est inadéquat, mais guess what, il n’est pas à la veille d’augmenter, alors ça va bien finir par prendre de l’administration à un moment donné. Cela dit, il faut également garder en tête que, vu les difficultés au niveau du recrutement, toute réduction de l’offre de services aura ses conséquences.

Cette offre est déjà insuffisante au goût de plusieurs. Qu’il s’agisse de prévention en santé mentale, ou sur la question de la violence sexuelle, sur la question du racisme, ou encore d’établir une fois pour toutes un ombudsman avec des pouvoirs d’enquête suffisants pour améliorer les pratiques sur le campus, ça manque de manière persistante. Et on n’a pas même commencé à parler de qualité de l’éducation.

Disons-le aussi, l’Université continuerait d’augmenter le coût de la scolarité même en réduisant les services. Banal exercice comptable. Nous vivons dans un monde ou coût égale prestige dans bien des esprits, et « les droits de scolarité de l’Université de Moncton [sont] inférieurs d’environ 840$ […] à la moyenne des universités publiques du Nouveau-Brunswick  » (UMoncton). Et ça, c’est Taillon qui le dit publiquement.

Il y a de la place pour une augmentation aux yeux du recteur, quoi.

Et il en ajoute, disant que : « les programmes gouvernementaux d’aide aux étudiantes et aux étudiants récemment mis en place réduiront l’effet de l’augmentation des droits de scolarité pour une majorité d’étudiantes et d’étudiants. » (UMoncton) L’idée, c’est que grâce au Programme des Droits de scolarité gratuits (DSG) et au Programme d’allègement des droits de scolarité pour la classe moyenne (PADSCM), il est possible de voir la totalité des frais de scolarité pardonnés pour les étudiant.e.s de familles à faible revenu, et pardonnés jusqu’à 99% pour ceux et celles de familles à revenu moyen.

Le mot-clé ici est « possible »; « jusqu’à » n’est pas insignifiant non plus.

De un : possible ne signifie pas garanti. Il y a de cela quelques mois à peine, le gouvernement nous annonçait que les chiffres pour le DSG (initialement nommé Programme d’aide aux études, ou PAÉ) étaient loin en-dessous des prévisions, car le programme n’avait pas été utilisé par autant de gens qu’escompté – ça, ou on avait fait une grossière erreur de calcul à Fredericton (FÉÉCUM). On peut alors douter que le DSG évite à un grand nombre d’étudiant.e.s de porter le fardeau de la hausse.

De deux : on entend entre les branches que la haute administration est agacée que les trois autres universités publiques de la province – parce que les droits de scolarité y sont plus élevés – profiteraient davantage du DSG et du PADSCM. Il n’y a pas loin de ça à se dire qu’on peut bien augmenter le coût tant qu’on voudra car c’est le gouvernement recevra la facture. Belle naïveté.

Il suffit de survoler les critères du DSG et du PADSCM : on constate rapidement qu’il y a des limites annuelles sur les montants qui sont pardonnés.

Dans le cas du DSG, le maximum annuel est de 10 000$ (GNB). Si c’est vrai que les droits de scolarité peuvent augmenter et continuer d’être remboursés grâce au DSG, qui peut couvrir plus que le seul coût de la scolarité, il faut aussi songer que toute hausse des droits de scolarité représente une part des autres dépenses liées aux études qui ne sera plus couverte. Ce serait déplacer le fardeau de la dette sans l’éliminer, quoi.

Et dans le cas du PADSCM, l’échelle mobile couvre une gamme allant d’un minimum de 132$ à un maximum de 6134$ par année (GNB). Petit écart, hein? La feuille d’information du programme nous dit qu’il peut couvrir jusqu’à 99% des droits de scolarité – le maximum varie selon la taille de la famille. Notez bien que tout indique que le PADSCM fonctionne en termes de montants maximum, non de pourcentages : alors plus les coûts augmenteront plus le pourcentage pardonné diminuera.

Et de trois, eh bien, ce ne sont pas tou.te.s les étudiant.e.s qui sont admissibles à ces programmes, et certainement pas tout le monde qui va en tirer un bénéfice égal. C’est dire que la part de fardeau qui s’ajoute sur les épaules de chacun.e va varier, mais qu’elle augmentera toujours en suivant la courbe du coût de la scolarité.

Alors oui, la hausse des droits de scolarité aura un impact. Les universités n’ont pas un freebie. Ces programmes ne sont pas la panacée. Qui sait si le DSG et le PADSCM seront maintenus par le prochain gouvernement? D’ailleurs on attend toujours que le gouvernement annonce les protocoles d’entente avec les quatre universités publiques de la province, qui détermineront le financement pour les quatre prochaines années, et encadreront l’octroi de fonds supplémentaires pour des projets-pilotes (GNB). C’est dire que même l’Université n’a pas la moindre idée de ses propres moyens à plus long terme, et que le contexte n’est pas nécessairement propice aux actions drastiques qui pourraient avoir un impact important sur les inscriptions.

Car ce que personne n’accepte de dire, c’est que s’il était vrai que les programmes du gouvernement annulent l’impact des hausses (ce n’est pas le cas, mais on les promeut ainsi et certains pourront le croire), ne serait-ce pas aussi vrai qu’il faudrait redoubler d’ardeur pour démontrer à la jeunesse néo-brunswickoise la valeur d’une éducation à l’Université de Moncton, et l’unicité de l’expérience qu’on peut y vivre?

Si les quatre universités me reviennent au même prix, et que je suis bilingue en sortant du secondaire (hey, ça arrive au Nouveau-Brunswick), pourquoi Moncton et pas ailleurs?

Entre temps, comme toujours, l’Université de Moncton adopte des hausses sans sembler réfléchir à leur impact sur les étudiant.e.s internationaux. 2% pour les étudiant.e.s canadiens, ça signifie 114$ de plus; pour les étudiant.e.s internationaux c’est 209$. Rien ne les protège non plus contre des hausses catastrophiques (Le Front).

Enfin, les étudiant.e.s originaires de l’extérieur du N-B ne sont admissibles ni au DSG ni au PADSCM. Ça signifie que d’entrée de jeu, au moins 20% de la population étudiante ressent directement les hausses des droits de scolarité. Oublie-t-on que les étudiant.e.s internationaux représentent la seule population étudiante avec un potentiel réaliste de croissance à l’Université de Moncton (UMoncton)? Il serait pertinent de penser à mieux servir cette population, avant de couper dans les services.

Ça va prendre plus de leadership, parce que les excuses et les déblâmes ça n’aide personne ici dans la situation présente. On le sait que c’est la faute du gouvernement.

Astheure, quessé qu’on va faire?

Texte de réflexion - aucune position officielle du C.A. de la FÉÉCUM ne devrait en être nécessairement interprétée.

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