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La Fédération des étudiantes et étudiants du Campus universitaire de Moncton

L’AEFSUM dresse un portrait alarmant de la détérioration de l’expérience universitaire

Le mardi 12 avril, l’Association étudiante de la Faculté des Sciences de l’Université de Moncton (AEFSUM) envoie une lettre ouverte à plus de 235 député.e.s et autres intervenant.e.s influent.e.s pour les informer quant à la véritable crise causée par le sous-financement des universités de la province, en particulier en ce qui a trait aux Sciences, pourtant un des domaines les plus en ligne avec l’innovation que l’équipe Gallant prétend privilégier. Cette initiative est lancée suite à la mobilisation étudiante conduite par la FÉÉCUM la semaine dernière, et en anticipation de l’annonce d’investissements qualifiés d’historiques par le gouvernement du Nouveau-Brunswick.

Hormis l’endettement étudiant, le président de l’AEFSUM, Guillaume Pelletier, veut que l’on parle d’avantage de l’effet qu’a le sous-financement sur les institutions elles-mêmes : « Aucune initiative du gouvernement ne sera complète si on n’adresse pas la réduction de la quantité de professeurs permanents, de plus en plus remplacés par des chargés de cours moins rémunérés et souvent moins expérimentés; la désincitation des chercheurs à convoiter des postes ici; la rétention d’étudiants internationaux, qui payent le double des frais de scolarité, qui choisiront des options moins chères ailleurs; et la détérioration des infrastructures, comme l’équipement de laboratoire. » Dans la lettre, il révèle que la Faculté des Sciences à elle seule aura coupé plus de 350 000$ de son budget d’opération dans les deux dernières années.

Pour les étudiant.e.s des Sciences, ces défis sont d’une absurdité totale. Leur lettre fait état, par exemple, d’un taux de placement de 100% sur le marché du travail pour les étudiant.e.s en informatique et ce, sans avoir à quitter la province. « Si nos diplômés démontrent l’habileté de décrocher des emplois bien rémunérés qui nourrissent l’économie provinciale, » explique M. Pelletier. « Il existe une opportunité réelle de stimulus et de création d’emplois dans le secteur des technologies de l’information qu’on ne peut exploiter en raison du sous-financement qui paralyse nos efforts de recrutement. » Il souligne qu’il ne s’agit là que d’un exemple parmi tant d’autres et fait appel à la province entière à se ranger derrière un réinvestissement dans les universités pour le bien à long terme du Nouveau-Brunswick.

En annexe : La lettre ouverte de l’AEFSUM.

À qui de droit,
En réaction aux événements qui ont découlé des manifestations étudiantes de la FÉÉCUM la semaine dernière, et en anticipation à l’annonce imminente d’investissements historiques en éducation attendue de l’équipe de Brian Gallant cette semaine, l’Association Étudiante de la Faculté des Sciences de l’Université de Moncton (AEFSUM) aimerait saisir l’opportunité de rappeller à ses élus l’importance que prend le financement des études postsecondaires d’un point de vue institutionnel ainsi que d’un point de vue socioéconomique.

Des mesures importantes ont déjà été prises pour adresser une partie importante du problème, avec par exemple le gel des frais de scolarité, mais il se trouve que la problématique est plus large et que les mesures prises n’adressent pas le problème à la source.

Par exemple, l’AEFSUM espère sincèrement que lesdits “investissements historiques” ne se limiteront pas à adresser la problématique de l’accès à l’éducation postsecondaire pour les familles à faible revenu, mais qu’ils viseront plutot le coeur du problème. Les barrières à une éducation de qualité peuvent prendre plusieurs formes, et certes les manifestations organisées par la FÉÉCUM ont apporté l’attention sur le fait que les coupures budgétaires mènent à l’augmentation des frais de scolarité d’année en année. Cependant, on tient à rappeller que le sous-financement des institutions post-secondaires réduisent aussi la qualité de l’éducation en forçant les universités à réduire la quantité de postes de professeurs permanents, qui sont de plus en plus remplaçés par des chargés de cours moins bien rémunérés et parfois moins expérimentés. Le sous-financement des études post-secondaires a également pour effet de désinciter les chercheurs et l’expertise externe à convoiter des postes dans nos institutions.

La Ville de Moncton connait de grands succès ces dernières années et se démarque en tant que pilier de l’innovation à l’échelle nationale, surtout quand on pense au secteur des technologies de l’information. La Faculté des Sciences fait face à des défis importants au niveau du recrutement dans ses programmes d’informatique en raison du sous financement, mais jouit d’un taux de placement sur le marché du travail de près de 100%: la quasi-totalité de nos gradués restent au Nouveau-Brunswick et occupent des emplois très bien rémunérés qui nourrissent l’économie locale et provinciale. Ce qui est triste, c’est qu’il existe une opportunité réelle de stimulus et de création d’emplois dans le secteur des technologies de l’information, mais qu’on ne peut l’exploiter en raison du sous financement qui paralyse nos efforts de recrutement.

Les programmes des sciences fondamentales (comme nos programmes de mathématiques, de physique, de chimie, de biochimie et de biologie) font aussi face à des problèmes importants: afin d’assurer la viabilité de nos programmes et la qualité de l’éducation, on doit attirer chez nous, d’une manière ou d’une autre, des experts et des chercheurs pour encadrer nos étudiants dans leurs projets de recherche et pour enseigner des cours dans leurs champs d’expertise. Les coupures budgétaires de 100 000 $ l’année dernière et de 260 000 $ à la Faculté des Sciences cette année font que plusieures bourses de recherche et bourses d’études offertes à nos étudiants ont disparues. Au niveau fédéral, on octroie une seule bourse de l’IRSC et 2 bourses du CRSNG dans toutes les universités de la province. C’est largement insuffisant pour combler le besoin de toutes les institutions de la province. Les opportunités de financement de la recherche au niveau provincial sont extrêmement limitées, et le calibre de nos professeurs actuels dépasse de loin le calibre des incitatifs financiers qu’on peut se permettre d’offrir: si rien de change, on risque d’avoir du mal à remplaçer plusieurs des professeurs qui vont prendre leur retraite dans les prochaines années. Ces professeurs devront plutôt être remplacés, encore une fois, par des chargés de cours.

Les efforts de recrutement de l’Université de Moncton en général sont particulièrement efficaces au niveau international: ainsi, à la Faculté des Sciences, la viabilité de plusieurs de nos programmes dépend fortement du recrutement et de la rétention des étudiants internationaux. Ce qui est particulièrement inquiétant, c’est le rôle que la hausse des frais de scolarité peut jouer à ce niveau: les étudiants Canadiens déboursent environs 6500 $ par année en frais de scolarité, tandis que les étudiants internationaux dépensent environs 12 000 $ pour les mêmes services. Quand on pense que l’Ontario demande des paiements égaux pour les étudiants canadiens et internationaux, et qu’ils octroient souvent des subventions supplémentaires aux étudiants internationaux, il devient difficile pour les institutions du Nouveau Brunswick de rester compétitives au niveau national. Quand on pense par exemple que nos programmes de sciences informatiques sont composés en grande partie d’étudiants internationaux, que les taux de placement sur le marché du travail à l’intérieur de la province sont de près de 100 % et que le marché du travail est loin d’être saturé, on peut se demander pourquoi on fait assumer un tel risque financier à des étudiants qui auront un impact positif significatif sur les finances de la Province.

En 1992, un étudiant néo-brunswickois pouvait s’attendre à débourser environs 1300 $ pour une année de frais de scolarité. Ajusté pour l’inflation, selon la Banque du Canada, ce chiffre correspond à 2000 $ aujourd’hui. Comment se fait-il qu’avec les revenus d’emplois étudiants qui traînent derrière l’inflation, le coût de l’éducation post-secondaire est devenu le triple de ce qu’il était, toutes autres choses étant égales? On aimerait porter votre attention sur le fait évident que la réalité d’antan était bien différente de la réalité actuelle: nos élus les Grands Décideurs jouissaient d’un accès bien plus facile à l’éducation post-secondaire quand ils entreprenaient leurs études. On a vendu à la génération des baby-boomers (qui nous l’ont re-vendu subséquemment) l’idée que si on travaillait fort et qu’on allait à l’école, on allait atteindre une vie meilleure. On ne doit pas simplement assumer que les jeunes d’aujourd’hui sentent qu’ils méritent de se faire la vie facile: les jeunes néo-brunswickois d’aujourd’hui assument des risques financiers considérables, même à long terme, simplement en choisissant d’entreprendre des études post-secondaires.

Si les frais de scolarité ne diminuent pas, il faudrait au moins que la qualité de l’éducation reste constante ou s’améliore. Investir dans l’éducation d’aujourd’hui, c’est investir dans le capital humain de demain. À quel prix sommes-nous prêts à sacrifier notre capital humain, dans le contexte des difficultés économiques que nous vivons actuellement au Nouveau Brunswick?

Guillaume Pelletier
Président, AEFSUM

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