Vous autres


Texte : Raymond Blanchard, agent de recherche et projets
Photo : Marc-Samuel Larocque, agent de communication

L’après-midi était un peu lent et, me demandant ce que je pourrais bien faire pour m’occuper qui soit utile dans ces circonstances, me v’là-ti-pas rendu sur le site de l’aide financière aux étudiants de la province du Nouveau-Brunswick.

Je l’admet librement: ma vie est fascinante.

Déjà, comme si c’était pas encore assez trépidant pour une seule journée, je remarque que l’information vient TOUT JUSTE d’être mise à jour pour l’année prochaine!

Simonaque, c’était quasiment Noël.

Habitué de l’endroit, je cherche d’instinct les petits caractères, ce qui échapperait au visiteur occasionnel. Longtemps, ce furent les liens vers les programmes de réduction de la dette qui souffraient de ce triste sort, relégués dans le bas de la barre de raccourcis, à droite. (FÉÉCUM) J’estimais qu’il était de mon devoir de rappeler leur existence aux étudiant.e.s et aux diplômé.e.s, car le gouvernement semblait parfaitement décidé à ne rien faire pour les sortir de l’ombre.

C’est qu’offrir de l’aide ça paraît bien, mais donner de l’aide, ça paraît cher.

Suffit de regarder comment s’est décidé le sort de l’un des deux anciens programmes d’aide financière, le Rabais sur les droits de scolarité. (FÉÉCUM) Pour qui se le demande, celui-là c’était le crédit d’impôt de 20 000$ pouvant être réclamé sur 20 ans, qui ne sera pas ramené par le gouvernement Higgs. J’ai malgré tout l’impression que plusieurs y rêvent déjà.

Au risque de me répéter: y’en aura pas de rabais de 20 000$. (FÉÉCUM)

Il y a un autre rabais qui reste, par contre, et qui ne révèle sa présence qu’aux plus aventureux: la Prestation du Nouveau-Brunswick pour l’achèvement des études dans le délai prévu (PAÉ pour faire court, ici; en anglais ils l’appellent le Timely Completion Benefit, ou TCB). Celui-là même dont l’élimination fut annoncée avec l’empressement d’un festivalier à sa 8e bière devant une toilette portative, au dépôt des crédits budgétaires. (GNB)

Je dis empressement car, dans sa hâte à réaliser des économies le ministre Trevor Holder avait d’abord dit que la date limite d’admissibilité au programme serait le 31 mars 2019.

L’annonce a été faite le 9 avril.

De toute évidence, la nouvelle ne fut pas très bien accueillie. Perdre un programme de réduction de la dette sur lequel on comptait, c’est déjà problématique; apprendre qu’on le perd une fois qu’il est déjà trop tard pour y accéder une dernière fois, c’est encore pire.

La date limite a donc été repoussée au 29 février 2020. (GNB) Judicieux, plutôt; les cyniques parmi nous diront que c’est en raison de la mauvaise presse que sa presse, justement, lui avait attiré que le ministre a ‘‘choisi’’ de reculer. Je vous le cite dans la langue de Shakespeare (mille pardons) car c’est la seule qui nous en offre l’opportunité::

« In fairness, there were students that were expecting it over the next couple of weeks and we're going to honour that » (CBC)

Champion de la formulation, M. Holder, décidément. Lisons entre les lignes que si personne n’avait sauté en l’air il aurait été plus que content de faire fi de ce qui est juste ou non.

Be-ref.

Tout ça pour dire que si vous avez reçu votre diplôme en mai dernier, vous avez jusqu’à la fin décembre pour remplir le formulaire de demande (GNB), pourvu que:
  • Vos prêts étudiants totalisent plus de 32 000$;
  • Vous ayez terminé votre programme dans le délai prévu;
  • Vous avez un relevé de notes officiel qui en atteste;
Et alors POUF! La dette au-dessus de 32 000$ s’envole en fumée!!!

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Ça, c’était la première partie de ma visite. Ensuite, me suis-je dit, tant qu’à être dans le coin je devrais aller voir ce qui a changé dans le Guide de l’aide financière.

Inutile de chercher les petits caractères cette fois, la subtilité n’étant CLAIREMENT pas le fort de ceux qui ont rédigé le Guide - ou de ceux qui ont commandé son écriture. Dans l’introduction, en page 1 du document, ont lit le paragraphe suivant qui m’a, je l’avoue, pris un peu de court:

« L’aide est censée compléter, et non pas remplacer, les autres ressources pour payer des études postsecondaires. Vous pouvez envisager d’autres options offertes pour vous aider à assumer vos frais, notamment :
  • un emploi;
  • des stages ou programmes coopératifs offerts pour votre programme d’études;
  • des bourses et bourses d’études;
  • l’épargne;
  • le financement des parents et de proches. »


Drôle d’ajout, me suis-je dit, dans un guide censé encourager les jeunes de la province à entreprendre des études postsecondaires à l’aide du soutien financier mis à leur disposition par le gouvernement, dans sa grande magnanimité et sa bonté sans fin.

Vous me connaissez, je juge parfois un peu rapidement les choses. Je ne dis pas que je les juge mal, mais je les juge vite. Je suis donc allé, à tout hasard, comparer ce qui s’offrait à ma vue avec l’introduction du guide précédent. (GNB)

Pis me croiriez-vous si je vous disais que c’était pas là l’année passée???

Normal, sans doute, parce que toutes ces choses ou à peu près sont déjà déduites du calcul du besoin financier. C’est ce calcul qui détermine le montant d’aide financière que vous êtes éligibles à emprunter pour financer vos études: votre besoin financier, en somme.

Et la joie se prolonge ailleurs dans le document. À la première ligne sous l’encadré de la section « Déterminez vos ressources», à la page 13, on peut lire: « Vous et votre famille êtes censés contribuer aux coûts de vos études. Vos contributions sont utilisées pour déterminer le montant de l’aide financière à laquelle vous êtes admissible. »

Celle-là non plus n’était pas dans le guide 2018-2019. Quelle surprise.

Alors, de fait, l’aide financière ne peut pas remplacer les « autres ressources » de toute façon: ces montants sont déjà déduits de l’aide financière à titre de contribution personnelle. CE NE SONT MÊME PAS DES OPTIONS, QUAND LE GOUVERNEMENT LES DÉDUIT DÉJÀ DU MONTANT QU’IL VOUS PERMET D’EMPRUNTER.

OK, OK; à quelques exceptions près: si votre programme comporte une composante CO-OP, tant mieux pour vous. Ce ne sont pas tous les programmes, qu’on se le dise. De fait beaucoup plus d’étudiant.e.s sont forcés de faire des stages non-rémunérés. Et ceux-là, le gouvernement Higgs leur a enlevé toute possibilité d’un ‘‘revenu’’ pendant les études, quand la bourse de 1500$ qui leur avait été promise en 2018 fut éliminée.

Batince. À ce point-là, pis tant qu’à être francs, y’auraient été aussi bien de vraiment dire le fond de leur pensée:

«Vous êtes déjà pas riches, pis astheure vous voulez vous endetter pour aller aux études?»

Ben arrangez-vous avec vos troubles!

Aucune position officielle du C.A. de la FÉÉCUM ne devrait en être nécessairement interprétée.

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