La Fédération des étudiantes et étudiants du Campus universitaire de Moncton

harcelementgone

par Raymond Blanchard, agent de recherche et projets

Aux dernières nouvelles, on était en droit d’espérer que la conseillère en harcèlement et en gestion de conflit de l’Université de Moncton, Jennifer Boyd, voie ses fonctions élargies pour se rapprocher de celles d’une ombudsman. Ça n’avançait pas vite, mais ça semblait aller de l’avant; un comité formé à cette fin étudiait le modèle de Human Rights Officer utilisé à UNB (UNB), qui sans être un ombudsman intègre plusieurs de fonctions reliées à ce rôle.

Il faudrait mettre de l’eau dans notre vin, mais on allait éventuellement aboutir à quelque chose qui, sans être ce qu’on exigeait au départ, serait un pas de plus dans cette direction.

Mais voilà que Mme Boyd quitte l’Université. Elle a accepté un poste ailleurs. On pourrait croire que ce départ est lié à la modification de son poste, ou à la frustration occasionnée par la lenteur du travail du comité qui s’en charge, mais elle nous confirme qu’il n’en est rien – ça fait déjà ça de rassurant.

Des questions persistent. Le facteur déterminant dans la décision de la conseillère a été l’offre d’une position permanente, ce que l’Université de Moncton refusait de lui consentir. On s’entend tous que l’abolition de ce poste serait insensée pour notre institution. Alors pourquoi ne pas accorder la permanence à la conseillère? On demeure perplexes face au départ d’une – autre – personne compétente et dévouée à l’Université, en raison de l’incertitude de son statut contractuel.

Quant à ce qui va arriver après le 5 octobre, date de son départ de l’Université, le poste va-t-il rester vacant jusqu’à ce qu’il soit reconfiguré? Va-t-on embaucher une personne compétente à temps plein et changer son poste dans quelques mois? Va-t-on ouvrir un poste contractuel pour la durée de l’année académique, au besoin pendant quelques années, le temps que le comité accouche, avant de faire une embauche définitive?

C’est tristement l’option la plus probable, car ce serait la moins coûteuse. Mais comment espère-t-on attirer des candidat(e)s avec des perspectives d’emploi à court terme sans garantie de renouvèlement? Une conseillère (ou un conseiller) au chômage quatre mois par année, ça ne ferait pas très sérieux, admettons-le. Ce serait pire encore avec une ribambelle d’employés contractuels.

Ce serait progresser à reculons.

Parlant de progrès, celui du comité évaluant le poste de la conseillère était déjà d’une lenteur insoutenable – remarquez, c’est normal dans le cas des comités – et ce nouveau développement ne risque pas de le pousser dans le sens, ni au rythme, que la FÉÉCUM espère.

Nous ne sommes jamais entrés dans les détails du travail de ce comité, question de respecter la confidentialité. Cependant, Mme Boyd était clairement optimiste quant à son avenir à l’Université de Moncton. De plus, elle avait une idée assez précise de ce qui constituerait une évolution acceptable de son mandat. Or voici que, alors que ce travail doit en principe aboutir, elle nous quitte.

Mme Boyd est une personne dévouée qui avait beaucoup d’ambition et d’excellentes idées quant à son rôle et il faut dire que de manière générale, nous étions très d’accord. Elle possède les compétences et l’expérience qui en feraient une candidate solide pour le poste d’ombudsman à notre université, et pour cette raison vous comprendrez notre déception de la voir partir. On lui souhaite évidemment beaucoup de succès, mais de notre côté le combat continue.
 
Alors, on se crache dans les mains, on regrette immédiatement car *yark*, on se lave et on repart :

La FÉÉCUM exige activement la création d’un poste d’ombudsman à l’Université de Moncton depuis 2008, bien que ce soit une demande de longue date (Info-FÉÉCUM). Dans la foulée de la parution du livre Pris en flagrant délit, lancé en 2013 par l’ancien professeur de droit et actuel ministre de l’Éducation Serge Rousselle, de nombreux problèmes internes liés à l’intimidation et au manque de transparence à l’Université de Moncton ont été révélés et la pression s’est accentuée pour avancer dans ce dossier. M. Théberge, dans la première année de son mandat, a saisi la balle au bond (Radio-Canada).

Au printemps 2013, un comité est créé au sénat académique pour étudier la question des droits des étudiants à l’Université de Moncton. Le poste d’ombudsman fait partie des discussions (UMoncton [voir 11.2.2.]), et dès le départ la conseillère est impliquée (UMoncton [voir 7.2.2.]).  Le tout est vu d’un bon œil par la FÉÉCUM, malgré notre impatience de voir les choses enfin bouger.

En avril 2014, le recteur confirme «que des discussions sont en cours avec la conseillère en harcèlement et gestion de conflit afin de voir comment l’on pourrait intégrer la fonction d’ombudsman dans son travail» (UMoncton).
Février 2015, le recteur nous dit que «un groupe de travail étudie une proposition de l’ABPPUM et de la FÉÉCUM (code de conduite)» et que «un modèle [pour le poste de la conseillère] a été proposé, toutefois celui-ci doit être examiné à la lumière des conventions et des politiques en vigueur» (UMoncton, voir 5.1). Je vous ai déjà parlé de ça ici (FÉÉCUM).

Il faut préciser que le «code de conduite» n’est pas une proposition conjointe; il vient de l’ABPPUM. La confusion tient à ce que le groupe de travail étudiait simultanément les propositions de l’un et l’autre groupe, celle de la FÉÉCUM étant notre proposition pour un poste d’ombudsman (FÉÉCUM) dans les règles de l’art.

Fait encourageant, M. Théberge précise lors de cette même intervention que «il existe divers modèles et qu’il faut être en mesure de pouvoir gérer les diverses plaintes».

La FÉÉCUM n’a jamais mis en doute la sincérité du recteur Raymond Théberge pour ce qui est d’améliorer la transparence de notre institution (FÉÉCUM). Même si des critiques ont été formulées quant au laxisme apparent qui marquait ses actions en la matière, la vérité reste qu’une personne peut difficilement changer à elle seule une institution. La transparence est un sujet qu’il a maintes fois évoqué au cours d’interventions publiques, le plus souvent en réponse aux questions sur les crocheries – n’ayons pas peur des mots – de son prédécesseur et aux pratiques douteuses adoptées sous son égide (FÉÉCUM). La transparence et l’imputabilité de l’Université de Moncton devaient agir comme un baume sur cette plaie. Nous croyons sincèrement que M. Théberge comprend cela. Mais on ne vire pas le Titanic de bord avec un coup de steering.

Mais si le recteur est – en principe – favorable à l’évolution du poste de la conseillère, que la conseillère était d’accord pour voir son poste évoluer, et que l’ABPPUM et la FÉÉCUM s’entendent sur le besoin d’un ombudsman (Acadie Nouvelle), qu’est-ce qui bloque? Pourquoi tant de délais et si peu de progrès après deux années de travail, si la transparence doit être une priorité pour l’Université de Moncton?

Quant à la réelle nature du poste une fois reconfiguré, aucune indication n’a été donnée. Pas plus, d’ailleurs, sur ce qui devra être la suite des événements. Mais, comme on vous le disait plus haut, on peut présumer que l’Université de Moncton choisira l’option la moins coûteuse pour assurer l’intérim du poste.

Il serait inimaginable que le siège de Mme Boyd soit laissé vacant. Y’a pas assez de nouvelles dans la région pour que le monde ne s’en fasse pas un festin.

En tout cas, vivement une mise à jour officielle sur ce dossier.

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